Analyse du texte Dietary Supplement Fact Sheet : Vitamin D
2 personnes sur ce forum endossent le texte, Dietary Supplement Fact Sheet : Vitamine D, de l’Office of dietary supplements, publié en 2011.
http://ods.od.nih.gov/factsheets/vitamind
D’après ce qu’ils ont écrit, ils semblent considérer ce texte comme étant une bonne source d’information sur la vitamine D. Cartaphilus a écrit à propos du texte que c’est « une bonne synthèse sur la vitamine D».
Je suis intervenue sur ce forum pour signifier mon désaccord complet vis-à-vis d’un simple énoncé, celui-ci : « l’alimentation devrait fournir la majorité de nos besoins en vitamine D ».
Bien que cette phrase n’a pas été écrite clairement, elle a été sous-entendue, dans cette phrase : « les nutriments devraient principalement être obtenus par l’alimentation ». cette phrase est écrite dans un texte que Cartaphilus a donné en référence, qui consiste en une bonne synthèse sur la vitamine D, selon lui.
Cartaphilus et Florence m’ont renvoyée au texte et donc l’ensemble de son discours. On n’a donc jamais pu sur ce forum, malheureusement, décortiquer cet énoncé précis. Je vous pose une question à tous les deux, et je vous invite à y répondre clairement, sans ambiguïté, sans changer de sujet, sans me renvoyer à un texte quelconque :
Croyez-vous, oui ou non, que l’alimentation peut apporter « la majorité » des besoins minimaux en vitamine D ? si vous êtes répondez non à la question, alors on s’entend là-dessus. C’était le seul point que je voulais argumenter.
Que vous me répondiez ou non, je vais donc commenter ce texte, que vous m’avez invitée à lire. Je me décide de le faire parce que je me suis rendue compte que les sceptiques du Québec ne semblent pas avoir débattu sur le sujet de la vitamine D, un sujet chaud et qui suscite beaucoup la controverse et de scepticisme, justement. J’ai espoir que des gens qui font des recherches sur internet au sujet de la vitamine D finissent par se retrouver sur cette page.
Premièrement, l’Office of dietary supplements n’a pas analysé la littérature sur la vitamine D, contrairement à l’institute of medicine, qui l’a fait. L’Office of dietary supplements fait partie de la très nombreuse liste d’organismes qui attendaient le rapport de l’IOM sur la vitamine D, publié en 2010. Ils considèrent par défaut que ce qu’écrit l’IOM est nécessairement vrai. Mais le rapport de l’IOM a été sévèrement critiqué par la communauté scientifique mondiale. Ce rapport ne représente absolument aucun consensus sur la vitamine D, au contraire. Le forum des sceptiques du Québec est supposé servir à réfléchir, et non à se contenter de croire quelque chose simplement parce que quelqu’un l’a dit. Les gens sceptiques, les vrais, sont capables de déceler des incohérences ou des contradictions contenu dans un discours.
Voici des extraits du texte, entre guillemets. Mes commentaires sont entre parenthèses.
« Most people meet at least some of their vitamin D needs through exposure to sunlight »
(La majorité des gens ne vont pas chercher grâce au soleil « au moins une partie de leurs besoins en vitamine D». TOUT LE MONDE, SAUF CEUX QUI PRENNENT DES SUPPLÉMENTS, RENCONTRE LA MAJORITÉ DE SES BESONS EN VITAMINE D VIA LE SOLEIL. Autrement dit, si on s’en tient qu’à des sources naturels de vitamine D (prendre un supplément n’est pas naturel, manger l’est), tout le monde sans exception va chercher la majorité de ses besoins grâce au soleil).
“In supplements and fortified foods, vitamin D is available in two forms, D2 (ergocalciferol) and D3 (cholecalciferol) that differ chemically only in their side-chain structure. Vitamin D2 is manufactured by the UV irradiation of ergosterol in yeast, and vitamin D3 is manufactured by the irradiation of 7-dehydrocholesterol from lanolin and the chemical conversion of cholesterol [6]. The two forms have traditionally been regarded as equivalent based on their ability to cure rickets and, indeed, most steps involved in the metabolism and actions of vitamin D2 and vitamin D3 are identical. Both forms (as well as vitamin D in foods and from cutaneous synthesis) effectively raise serum 25(OH)D levels [2]. Firm conclusions about any different effects of these two forms of vitamin D cannot be drawn. However, it appears that at nutritional doses vitamins D2 and D3 are equivalent, but at high doses vitamin D2 is less potent. “
(Plusieurs études laissent suggérer que c’est faux que la vit d2 et vit d3 sont identiques en terme d’effet. Une revue systématique de la collaboration cochrane publiée en 2011 sur la vitamine d et la mortalité a conclu : « Vitamin D in the form of vitamin D3 seems to decrease mortality in predominantly elderly women who are mainly in institutions and
dependent care. Vitamin D2, alfacalcidol, and calcitriol had no statistically significant effect on mortality”
référence :
Bjelakovic G, Gluud LL, et ass..Vitamin D supplementation for prevention of mortality in adults. Cochrane Database Syst Rev. 2011 Jul 6;(7):CD007470
http://www.google.ca/url?sa=t&source=we ... SQ&cad=rja
)
« Practically all people are sufficient at levels ≥50 nmol/L (≥20 ng/mL) »
(S’il y avait une épidémie de grippe et que 3% des gens étaient touchés et que 1% en mourait, on ne se contenterait pas d’écrire que la plupart des gens n’ont pas de grippe, n’est-ce pas ? Pourquoi ne pas écrire le % des gens qui n’atteint pas ce niveau ? une étude publiée en 2009 par Statistique Canada a permis de découvrir que 10 % des Canadiens avait une concentration en deçà de 37.5 nmol/L et que 4 % de la population affichaient un sérum de moins de 27.5 nmol/L.
Référence : Kellie Langlois, Linda Greene-Finestone et coll. Les niveaux de vitamine D chez les Canadiens selon les résultats de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé. Statistique Canada. 2007–2009.
http://www.statcan.gc.ca/pub/82-003-x/2 ... 31-fra.pdf
Une étude plus récente, publiée en 2011, a fait découvrir que, durant l’hiver, près du tiers des Canadiens ne rencontre pas la norme minimale de 50 nmol/L recommandée par l’IOM. De plus, 5.4% des Canadiens de 6 à 79 ans se trouvaient en état de carence en vitamine D, selon les critères conservateurs de l’IOM, soit avec moins de 30 nmol/L.
Référence : Whiting SJ, Langlois KA, Vatanparast H, Greene-Finestone LS. The vitamin D status of Canadians relative to the 2011 Dietary Reference Intakes: an examination in children and adults with and without supplement use. Am J Clin Nutr. 2011 May 18. [Epub ahead of print] PubMed PMID: 21593503
http://alvarolargura.com.br/doc/the-vit ... nt-use.pdf
)
Je ne peux faire un copie collé du tableau n.1 du texte. Il est écrit dans ce tableau, vis-à-vis la ligne des niveaux de sérum sanguin de vitamine D de 30 à 50 nmol/L: « Generally considered inadequate for bone and overall health in healthy individuals »
( L’IOM considère que la vitamine D ne sert qu`à la santé des os, car il a affirmé que les preuves sont insuffisantes en ce qui concerne ses effets extrasquelettiques. Il est alors manifestement incorrect, et contradictoire avec le discours, de mentionner qu’un niveau entre 30 et 50 nmol/L est considéré inadéquat « pour la santé des os et pour la santé globale ».)
“Obtaining sufficient vitamin D from natural food sources alone is difficult”
« Ils devraient plutôt écrire qu’il est impossible, et non seulement « difficile », d’obtenir via l’alimentation suffisamment de vitamine D pour couvrir les besoins. À moins qu’on se bourre de lait enrichi (100 ui par verre) et de saumon rouge (environ 500 ui pour 80 g) matin midi et soir. Pour atteindre les niveaux sanguin de 20 ng/ml (50 nmol/L), il faut un apport d’environ 2000 ui par jour toutes sources confondues. (règle connue d’environ 1 ng/ml d’augmentation du taux sanguin par 100 ui de vitamineD.). Il faudrait manger une portion de 80 g de saumon et 2 verres de lait pour déjeuner, diner et souper. J’ajoute que les statistiques démontrent bien que la plupart des gens obtiennent, via leur alimentation, environ 150-200 ui de vitamine D par jour).
“For many people, consuming vitamin D-fortified foods and, arguably, being exposed to some sunlight are essential for maintaining a healthy vitamin D status. In some groups, dietary supplements might be required to meet the daily need for vitamin D »
(On a écrit que, pour plusieurs personnes, un apport provenant du soleil conjugué à l’alimentation est nécessaire. Cette phrase laisse supposer que certaines personnes n’auraient pas besoin d’être exposées au soleil de soleil pour maintenir un taux sanguin santé de vitD. de plus, bien qu’on parle heureusement de suppléments, il n’est pas clairement spécifié que, si on n’a pas de soleil, on doit compenser avec un supplément).
“People with limited sun exposure
Homebound individuals, women who wear long robes and head coverings for religious reasons, and people with occupations that limit sun exposure are unlikely to obtain adequate vitamin D from sunlight [31,32]. Because the extent and frequency of use of sunscreen are unknown, the significance of the role that sunscreen may play in reducing vitamin D synthesis is unclear [1]. Ingesting RDA (reference dietary intakes, 600 UI/day) levels of vitamin D from foods and/or supplements will provide these individuals with adequate amounts of this nutrient. »
(On commence par écrire que les gens qui ne s’exposent pas au soleil sont à risque de ne pas rencontrer les apports en vitamine D adéquats, ce qui laisse sous-entendre, à juste titre, que non seulement les gens doivent prendre 600 UI par jour (reference dietary intakes), mais ils doivent aussi s’exposer au soleil. Ensuite, on écrit que, pour que ces gens-là ne se retrouvent pas en déficience, ingérer les 600 UI par jour de vitamine va apporter les apports adéquats de ce nutriment. Sauf que c’est tout le monde qui doit faire ça, pas juste ces gens-là. On tourne donc en rond. C’est à tout le monde que l’IOM s’adresse avec la recommandation de 600 UI. Et peu importe qu’ils mentionnent les suppléments, ils ne recommandent au bout du compte un apport de vitamine D oral que de 600 UI par jour. Ils ne font aucune recommandation spécifique pour la vitamine D perdue par le manque d’exposition au soleil.
“Vitamin D toxicity can cause non-specific symptoms such as anorexia, weight loss, polyuria, and heart arrhythmias. More seriously, it can also raise blood levels of calcium which leads to vascular and tissue calcification, with subsequent damage to the heart, blood vessels, and kidneys [1]. The use of supplements of both calcium (1,000 mg/day) and vitamin D (400 IU) by postmenopausal women was associated with a 17% increase in the risk of kidney stones over 7 years in the Women's Health Initiative [65]. A serum 25(OH)D concentration consistently >500 nmol/L (>200 ng/mL) is considered to be potentially toxic”
(Il est vrai que prendre de la vitamine D associé à du calcium peut être dangereux. Mais prendre de la vitamine D en supplément, sans calcium, c’est une toute autre chose.
On mentionne qu’un taux sanguin de plus de 500 nmol/L (200 ng/ml) est considéré potentiellement toxique. Tout le monde est d’accord avec ça, pas de problème, et il est extrêmement rare que des gens se retrouvent avec un taux sanguin aussi élevé.
Il est intéressant de savoir que, si une personne prend des mégadoses de suppléments de vitamine D, le taux sanguin aura tendance à plafonner. Lorsque le taux sanguin de vit D initial est très bas, chaque 100 ui de vitamine D augmente le taux sanguin de 1.1 ng/ml. Si le taux sanguin initial est de 90 ng/ml, le taux sanguin augmentera de 0.16 ng/ml pour chaque 100 ui aditionnel
référence : CEDRIC F. GARLAND et coll , Vitamin D Supplement Doses and Serum 25-Hydroxyvitamin D in the Range Associated with Cancer Prevention , ANTICANCER RESEARCH 31: 617-622 (2011)
http://www.grassrootshealth.net/media/d ... 021811.pdf
)
“Excessive sun exposure does not result in vitamin D toxicity because the sustained heat on the skin is thought to photodegrade previtamin D3 and vitamin D3 as it is formed “
(Tout à fait vrai. Voilà pourquoi plusieurs experts et organisations recommandent une courte exposition régulière aux rayons du soleil, sans écran solaire, de la plus grande surface de la peau possible,tout en s’assurant de ne pas brûler notre peau. Car il est impossible de s’intoxiquer à la vitamine D de cette manière. Dommage qu’on ne recommande pas au public d’exposer au soleil la plus grande surface du corps possible, le plus souvent possible, pour une courte période de temps. C’est ce que recommande plusieurs organismes britaniques, dont la British Association of Dermatologists. Référence : British Association of Dermatologists
Consensus Vitamin D position statement. 2010
http://info.cancerresearchuk.org/prod_c ... 052628.pdf
)
“While symptoms of toxicity are unlikely at daily intakes below 10,000 IU/day, the FNB pointed to emerging science from national survey data, observational studies, and clinical trials suggesting that even lower vitamin D intakes and serum 25(OH)D levels might have adverse health effects over time”
(Les auteurs reconnaissent que des apports oraux de vitamine D de 10 000 UI par jour ne risquent pas de résulter en des symptômes de toxicité. Mais ils soulèvent que des études ont suggéré que des apports plus bas pouvaient avoir des effets indésirables avec le temps. Sauf que l’ensemble de la littérature est loin de suggérer une telle chose, du moins en ce qui concerne la vitamine D3. La vitamine D2 quant à elle peut être associée à des effets indésirables. Il est vrai qu’il existe des exceptions à la supplémentation élevée en vitamine D, notamment chez les gens avec des dysfonctions du rein, et chez les gens qui souffrent de certaines maladies rares (par exemple la sarcoïdose). Ces exceptions rares, les médecins les connaissent très bien et sont à même d’informer leurs patients à ce sujet.
Les auteurs de la revue systématique de la collaboration cochrane sur la vitamine D et la mortalité, mentionnée plus haut, ont conclu que la vitamine D administrée seule sans calcium n’était pas associée à des effets indésirables, sauf pour des apports excessifs.)
« The federal government's 2010 Dietary Guidelines for Americans notes that "nutrients should come primarily from foods »
L’affirmation à l’effet que les nutriments devraient principalement provenir de l’alimentation s’applique à tous les nutriments, sauf pour la vitamine D, qui serait mieux décrite comme une hormone que comme un nutriment. La source naturelle principale de vitamine D est le soleil. On peut affirmer que l’alimentation fournit entre 1% et 15% des besoins en vitamine D, selon les critères sur lesquels on se base au départ pour définir les besoins. Que ces critères soient ceux de l’IOM, ou qu’on se réfère à l’apport qu’a connu nos ancêtres durant l’évolution (entre 4000 ui et 10 000 ui par jour), une alimentation santé ne pourra jamais atteindre plus de 15% de ces besoins. Il est alors faux de dire que la vitamine D devrait être fournie principalement par l’alimentation.
1. Référence : Robert P Heaney, Michael F Holick. Why the IOM recommendations for vitamin D are deficient Journal of Bone and Mineral Research . 2011
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1 ... r.328/full
)