jroche a écrit : 29 janv. 2026, 15:09
Avec toujours le même problème de fond : ma conscience personnelle étant pour moi tout au sommet dans la hiérarchie des certitudes, le corps, cerveau compris, étant un poil en dessous, on persiste à expliquer le plus assuré par le (relativement) moins assuré.
Très bien, c'est la première de tes certitudes, ça, c'est un fait qu'on ne pourra jamais te nier.
par contre, ce n'est pas un problème pour la science, c'est seulement un problème pour toi, c'est ta frustration (au sens où tu voudrais que la recherche soit orientée dans un sens qui conforte ta première des certitudes) cependant la recherche n'a jamais été attaché aux certitudes des gens, et de surcroit, la plupart des avancées scientifiques ont au contraire été dues à la capacité des chercheurs d'une époque donnée à surpasser les certitudes de la plupart des gens de leur époque.
Ecouter/respecter/tenir compte les certitudes des gens est, en général, très mauvais, c'est un frein, à la recherche scientifique.
Autre point, je t'en ai déjà parlé, de plusieurs manière, mais tu négliges son importance, pourtant je crois vraiment qu'écouter cette explication pourrait sérieusement t'aider:
l'émergence (au sens scientifique), c'est l'existence à un niveau de modélisation donnée de quelque chose qui n'existe pas à un autre niveau de modélisation donné) , le but derrière l'émergence, n'est pas d'attaquer les certitudes des gens, le but c'est d'unifier les modèles (c'est de trouver ce qui émerge de quoi: c'est de décrire, comprendre les liens entre plusieurs niveau de descriptions scientifiques) .
Pour illustrer ce point, je vais prendre un exemple d'émergence, dont nous n'avons tous pas grand chose à faire, car ne nous poses pas vraiment de questions existentielles vitales: au lieu de parler de notre conscience, parlons de notre poids:
Je suis certaine d'avoir un poids, toi aussi, mon poids existe, ton poids existe, c'est un certitude ! Très bien !
Notre poids est pourtant (par définition) la mesure de notre pression sur le sol de la planète que nous foulons de nos pieds, par conséquent notre poids existe parce que nous exerçons, au contact du sol, une pression vers le sol et réciproquement, cette pression réciproque est ce que mesure notre pèse-personne, bref c'est notre poids.
ok, passons à un niveau de description sous jacent (par exemple moléculaire ou atomique) ... et posons nous la question de savoir si , il existe, parmi l'ensemble des molécules qui nous composent, s'il en existe au moins une qui ait un poids... Bien sur que non! aucune molécule de notre corps n'est en contact avec le sol, aucune ne fait pression au sol, et le pèse personne est complétement inutile pour mesurer quoi que ce soit d'une molécule ! bref il est impossible que la moindre ne nos molécules puisse individuellement avoir un poids, le concept de poids ne correspond plus à rien à ce niveau de description là.
voilà ce qu'est l'émergence, c'est l'apparition de quelque chose qui n'existe qu'à niveau de description donné, sans que cette chose n'existe dans le niveau de description sous jacent, et reliable au niveau de description sous jacent, et rechercher comment quelque chose émerge: c'est rechercher comment, à partir du niveau sous jacent, on connaitrait et déduirait ce qui apparait au niveau du dessus.
Donc , quand tu poses des questions comme:
jroche a écrit : 27 janv. 2026, 09:08
comment a bien pu émerger une conscience là où il n'y en avait pas.
Cette question (sous forme de pléonasme... en fait pas besoin de préciser "où il n'y en avait pas"... puisque c'est toujours vrai pour absolument toutes les émergences... d'où pléonasme) n'est qu'un lapsus ... tu as l'air étonné que la conscience puisse émerger de "la matière qui n'en a pas" alors que la science a déjà découvert des multitudes d'émergences qui ne t'étonnent absolument pas.