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Re: Pourrons-nous relever le défi du réchauffement de la planète ?

Publié : 23 juil. 2026, 18:10
par Jean-Francois
Je suis tombé sur un article de Nature* qui m'a mené au document suivant: "The Global Justice Report"

Comme je n'ai pas lu ce document, je ne commente pas: je laisse ça là pour les intéressés.

Jean-François

* Mariana Lenharo (2026) How to end poverty and protect Earth: inside the debate tearing up economics. Nature 655: 828-829.

Re: Pourrons-nous relever le défi du réchauffement de la planète ?

Publié : 23 juil. 2026, 20:33
par Inso
Jean-Francois a écrit : 23 juil. 2026, 18:10 Je suis tombé sur un article de Nature* qui m'a mené au document suivant: "The Global Justice Report"

Comme je n'ai pas lu ce document, je ne commente pas: je laisse ça là pour les intéressés.

Jean-François

* Mariana Lenharo (2026) How to end poverty and protect Earth: inside the debate tearing up economics. Nature 655: 828-829.
Merci du partage.

Projet très intéressant à première vue. J'en ai fait une lecture en diagonale. Ce que j'en retire :
Les principes de bases sont évidents :
- La croissance infinie n'est pas possible dans une monde fini.
- Le niveau de croissance actuel nous mène déjà au-delà des limites planétaires.
- Sans coordination mondiale, nous fonçons dans le mur.
- Sans un minimum d'égalités pour l'ensemble des peuples, il ne sera pas possible de se coordonner.

Leurs propositions sont (techniquement) correctes :
- Établissement d'un système démocratique global.
- Répartition plus juste des richesses (accroissement des moyens des classes pauvres, limitation des super-richessses...)
- Établissement d'un fond global pour la lutte contre la crise climatique et la répartition des richesses (The Global Justice Fund ).
- Arrêt de la croissance.

Ils abordent (légèrement dans le chapitre 4 et la conclusion) les obstacles à la mise en œuvre, comme l'opposition des puissants (financiers, industriels et politiques).
Ils ne disent pas comment mettre en œuvre ce projet, sinon par une coordination des peuples.

Mon avis vite fait :
- Le projet généralise des situations existantes qui sont déjà arrivées à une appliquer des parties significative du projet, comme en Suède, Norvège ou Islande.
- Le projet tient la route amha.
- La mise en place ne sera pas possible par opposition des puissants et par la quasi impossibilité d'arriver à une coordination des peuples au niveau mondial.
- Les tendances actuelles vont à l'encontre des préconisations du projet, cf les USA, les reculs de la démocratie, la montée forte de l'influence des ultra-riches (par la puissance financière, l'IA, les guerres...).

Comme tous les projets visant à juguler la crise climatique et à établir davantage d'égalité, les propositions sont plutôt bonnes mais la mise en place est illusoire. Illusoire car ces projets n'abordent pas de front la problématique principale de nos crises : virer les responsables des crises. Éventuellement violemment vu les urgences.

(je sais c'est lapidaire mais je n'avais pas envie de détailler encore les objectifs des puissants pour qui la destruction de la planète n'est qu'une conséquence pas vraiment primordiale de leur volonté de s'enrichir et d'accumuler du pouvoir).

Re: Pourrons-nous relever le défi du réchauffement de la planète ?

Publié : 24 juil. 2026, 14:33
par Jean-Francois
Inso a écrit : 23 juil. 2026, 20:33Comme tous les projets visant à juguler la crise climatique et à établir davantage d'égalité, les propositions sont plutôt bonnes mais la mise en place est illusoire. Illusoire car ces projets n'abordent pas de front la problématique principale de nos crises : virer les responsables des crises. Éventuellement violemment vu les urgences
Je n'ai pas le temps de me pencher sérieusement là-dessus mais je rejoins ABC sur ce point: prétendre que changer est illusoire revient à dire qu'accélérer vers le mur est la seule solution.

Établir des cibles est une des choses qu'il faut faire car si on arrive à montrer que ces cibles sont désirables pour la majeure partie des gens, il peut se former un mouvement de fond pour les atteindre. Évidemment, il y aura toujours des gens pour dire que si le passage de A à D (ou G ou Z) ne peut se faire en une seule étape, il est déjà utopique de chercher à atteindre le B, mais quand l'alternative est le massacre de la planète on peut espérer que ces voix resteront mineures.

Mais je suis d'accord qu'il faut un lavage de fond mais pas seulement des responsables, c'est tout le système qui érige l'argent et l'accumulation de biens (et de pouvoirs) comme seule source de mesure de réussite qui serait à revoir.

Je lisais deux textes dans La Presse qui ne sont pas directement liés ni entre eux ni à la question* en me disant que ces articles demande d'accepter le fric comme facteur positif: Le bien-être animal est "vendu" comme rentable**; les "marchés de prédiction" sont tenus pour a priori légitimes (on pourrait dire ça aussi des cryptos, alors que tout ça tient de la spéculation, du gaspillage de ressources). Je ne suis pas naïf et sais très bien pourquoi la "richesse" est valorisée mais cela cause un gros blocage pour faire changer les choses.

Jean-François

* "Bien-être animal - Un avantage concurrentiel que le Québec ne peut plus ignorer" ( Vincent Breton, Me Sophie Gaillard ) et
"Marchés de prédiction - Trump, les requins et les petits poissons"
** En grande partie parce que c'est signé par le président d'une compagnie.

Re: Pourrons-nous relever le défi du réchauffement de la planète ?

Publié : 24 juil. 2026, 20:33
par Inso
Jean-Francois a écrit : 24 juil. 2026, 14:33
Inso a écrit : 23 juil. 2026, 20:33Comme tous les projets visant à juguler la crise climatique et à établir davantage d'égalité, les propositions sont plutôt bonnes mais la mise en place est illusoire. Illusoire car ces projets n'abordent pas de front la problématique principale de nos crises : virer les responsables des crises. Éventuellement violemment vu les urgences
Je n'ai pas le temps de me pencher sérieusement là-dessus mais je rejoins ABC sur ce point: prétendre que changer est illusoire revient à dire qu'accélérer vers le mur est la seule solution.
Je n'ai pas dis que changer est illusoire, je dis même que c'est impératif. Je pense par contre que les méthodes de mise en place proposées par ces différents projets par la concertation, l'explication et finalement l'accord de la plupart des gens sur la planète me semblent illusoires.
C'est quand même pas mal ce qui est tenté depuis bien 30 ans avec des résultats complètement insuffisants.
La transition vers un système réellement durable ne se fera plus dans le calme et la bonne humeur amha. Changer est impératif et je ne vois plus que des révoltes musclées pour y arriver. Et elles ont toutes les chances d'arriver trop tardivement et trop localement. Si elles arrivent.
Les communications, explications, recherche d'idées et de solutions désirables sont nécessaires, mais ne produisent hélas à ce jour aucun sursaut des populations. Il faut passer au stade supérieur.
Je soutiens depuis un bon moment Extinction Rébellion, mais la répression a été féroce*.

Même les crises de cet été (canicule presque constante, sécheresse historique, production agricole en crise, incendies un peu partout en France et en Europe...) ne semble pas émouvoir plus que ça les décideurs*. Les lois environnementales continuent à être détricotées au profit des grosses sociétés, les lois liberticides ont le vent en poupe et le RN (qui n'a pas de programme environnemental) est toujours en tête des sondages.

* Il est aujourd'hui bien moins risqué de détourner des millions d'argent public que d'asperger de soupe la vitre protégeant une œuvre d'art.

** Au contraire, ces décideurs et certains médias préfèrent s’esbaudir sur les profits records de Total.

Re: Pourrons-nous relever le défi du réchauffement de la planète ?

Publié : 24 juil. 2026, 21:50
par LoutredeMer
Inso a écrit : 24 juil. 2026, 20:33
Même les crises de cet été (canicule presque constante, sécheresse historique, production agricole en crise, incendies un peu partout en France et en Europe...) ne semble pas émouvoir plus que ça les décideurs*. Les lois environnementales continuent à être détricotées au profit des grosses sociétés, les lois liberticides ont le vent en poupe
C'est clair. Nous sommes "le plus prestigieux pays du monde" mais pas capables d'interdire le débroussaillage motorisé fin juillet en pleine sécheresse et canicule. Commandé par Enedis autour de ses lignes électriques, voyez-vous ça. Enfin si, à partir du déclenchement du feu, la préfète a dit que c'était interdit. Il était temps... Ne parlons pas du déblayage quasi-inexistant des rivières en hiver, responsable en partie des inondations...
Une opération de débroussaillement pour le compte d'Enedis est pointée du doigt. Contacté par BFMTV, le gestionnaire du réseau de distribution d'électricité a confirmé qu'une "entreprise prestataire intervenait bien mercredi 22 juillet sur la commune de Saumos, en Gironde, pour une opération de débroussaillement menée à proximité de lignes électriques pour le compte d'Enedis". https://www.bfmtv.com/meteo/secheresse/ ... 40437.html
Quant aux zones coupe-feu aménagées, on se demande encore où elles sont...

J'ajoute : les origines des feux en France