Jean-Francois a écrit : 24 juil. 2026, 14:33Je n'ai pas le temps de me pencher sérieusement là-dessus mais je rejoins ABC sur ce point: prétendre que changer est illusoire revient à dire qu'accélérer vers le mur est la seule solution.
Oui et l'effet d'entraînement vers l'aquabonisme me semble suffisamment plausible pour choisir, a minima, de limiter le risque de propager/promouvoir cette conviction autoréalisatrice.
Jean-Francois a écrit : 24 juil. 2026, 14:33Établir des cibles est une des choses qu'il faut faire car
si on arrive à montrer que ces cibles sont désirables pour la majeure partie des gens, il peut se former un mouvement de fond pour les atteindre.
Je partage ce point de vue (reposant sur la possibilité, parfois, d'atteindre une masse critique).
Jean-Francois a écrit : 24 juil. 2026, 14:33Évidemment, il y aura toujours des gens pour dire que si le passage de A à D (ou G ou Z) ne peut se faire en une seule étape, il est déjà utopique de chercher à atteindre le B.
C'est aussi mon avis. Quand il faut parcourir 10 km pour atteindre un objectif, faire le premier pas = 1/10 000ème de l'objectif (si on a de grandes jambes)... et la conclusion peut sembler évidente. Il n'y a pas de solution. Passer de A à B, c'est un gaspillage de temps et d'énergie. Ils pourraient être employés bien plus utilement pour profiter de ce que le présent peut encore nous offrir puisque l'avenir est foutu.
Jean-Francois a écrit : 24 juil. 2026, 14:33mais quand l'alternative est le massacre de la planète on peut espérer que ces voix resteront mineures.
Ou alors chercher des solutions pour qu'elles le deviennent grâce aux modes d'action et de communication d'une minorité réussissant à se mettre d'accord sur un
tout petit nombre d'objectifs très critiques et
peu sujets à clivage (car sinon c'est l'échec assuré)...
...Et ça demande de s'autocensurer en se limitant à dire que l'on croit réellement crucial ET efficace (et on peut se tromper... mais bon).
Jean-Francois a écrit : 24 juil. 2026, 14:33Mais je suis d'accord qu'il faut un lavage de fond mais pas seulement des responsables, c'est tout le système qui érige l'argent et l'accumulation de biens (et de pouvoirs) comme seule source de mesure de réussite qui serait à revoir.
Il y a bien un problème d'accumulation de biens et de pouvoirs et, en plus, d'inégalités dans cette accumulation, des inégalités selon moi nettement supérieures au niveau pour lequel ces inégalités joueraient un rôle collectivement bénéfique...
...par contre l'argent n'en est pas la cause mais
l'indicateur,
le thermomètre. Pour éviter d'avoir trop chaud, ce qu'il faut c'est agir sur les causes de l'élévation de température, pas sur le remplacement du mercure par un autre moyen de mesure...
...et la cause c'est quoi ?
L'estime de soi et/ou de son groupe d'appartenance par la prédation, la domination par la force ou la contrainte, l'accumulation de biens et services trop coûteux en termes humains, écologiques et climatiques (pour soi et/ou son groupe d'appartenance) en regard de la réponse à nos réels besoins. A cela s'ajoute parfois aussi le plaisir de mépriser, détester, humilier une ou des catégories de non appartenance servant de faire valoir (parfois en toute conscience).
Emploi néfaste des bénéfices et des moyens de production, nationalisme, sectarisme religieux, individualisme, aquabonisme, conflits entre communautés rivales en sont la conséquence.
Un autre groupe de motivations nous est accessible. Il est compatible avec l'espèce humaine (on l'observe chez d'autres hominidés)
L'estime de soi et/ou de son groupe d'appartenance se nourrissant d'empathie, de coopération, de respect de l'altérité, d'envie de participer à une évolution vers un monde plus respectueux de nous-mêmes et plus soucieux de préserver notre avenir à moyen terme.
Si on remonte à la racine des plus graves problèmes actuels de société mondiale
(ceux qui menacent la santé, voir la vie, de millions d'êtres humains... pour l'instant)
- L’instabilité géopolitique, les guerres et les conflits entre communautés rivales
- Les risques de pénurie alimentaire, d'accès à l'eau douce et d’insécurité sanitaire
- La crise climatique et la crise écologique aggravant fortement ces risques
on constate que ces problèmes découlent du choix pour l'instant trop fréquent de la première famille de motivations...
...lequel choix est celui permettant souvent, grâce à nos diverses attentes, choix de priorité et aux évolutions sociopolitiques en découlant, d'accéder aux positions dominantes pour (souvent) y provoquer les nuisances que nous déplorons.
On pourrait penser que changer de système et mettre en place de nouvelles lois est la solution...
...mais l'histoire montre que les mêmes problèmes réapparaissent souvent (parfois en pire) malgré des changements de gouvernants et même de systèmes.
Si nous refusons d'identifier et d'agir sur la cause profonde à l'origine de ces problèmes récurrents (et de l'accès au pouvoir de ceux qui, à court terme, tirent profit du système tant qu'il ne s'est pas encore effondré) nous ne résoudrons pas nos problèmes. Nous remplacerons les plus puissants acteurs des dysfonctionnements du système par d'autres qui feront pareil ou pire avec le nouveau système (comme l'illustre la répétition des mêmes problèmes siècle après siècle)
Et non, le problème n'est pas dans la nature humaine, mais dans la culture d'une époque et/ou d'un groupe d'appartenance, le choix de ses motivations (avec la complicité/méthode Coué de ceux qui lui font la courte échelle). Dès lors qu'il a réussi à accéder au pouvoir, déloger un groupe d'appartenance devient très difficile. Il a sa petite cour de bénéficiaires/complices pour le protéger...
...et parfois aussi, les courtisans/complices de cette petite cour.
Jean-Francois a écrit : 24 juil. 2026, 14:33Accepter le fric comme facteur positif
Le fric n'est ni positif, ni négatif (il est juste un moyen d'échange plus commode que le troc). Ce qui est positif ou négatif, ce sont les objectifs et priorités vers lesquels, collectivement, nous choisissons de drainer son utilisation sans toujours le réaliser (la complexité et la multiplicité des interdépendances et des interconnexions socioéconomiques réduit la visibilité de notre part de responsabilité).
A ce jour ces objectifs ne sont pas les bons. Pourquoi ? Parce que certains biens/services/attentes sont jugés de valeur (donc attirent l'argent puisqu'ils sont jugés de grande valeur, donc rapportent de l'argent) alors que cette valeur n'est pas très grande (en regard de nos réels besoins) et d'autres sont jugés de faible valeur (donc privés de ressources financières puisque jugés de faible valeur donc rapportant peu) alors qu'ils en ont beaucoup (en regard de nos réels besoins, tout particulièrement la vie et la santé).
Jean-Francois a écrit : 24 juil. 2026, 14:33Je ne suis pas naïf et sais très bien pourquoi la "richesse" est valorisée mais cela cause un gros blocage pour faire changer les choses.
Notamment notre méconnaissance de l'origine profonde de ce blocage et une motivation qui n'est pas toujours au rendez-vous pour le découvrir (et cette réticence se comprend).