HMS_Endeavour a écrit :Elles ne sont que des moyens (commodes) pour illustrer une idée de départ
Très rapidement, cela devient un moyen commode de prendre l'illustration pour la chose et de confondre une réflexion détachée de tout substrat empirique avec une explication de faits réels.
À ce propos, je trouve intéressant que vous me disiez n'avoir "plus aucun a priori" car votre discours se base uniquement sur des a priori (des impressions et des "ressentis" pris comme s'ils étaient objectifs*) et nullement sur des faits objectifs.
* par exemple, quand vous affirmez que de "programmer" un ordinateur pour manifester du libre arbitre ne procurerait pas du libre arbitre à cet ordinateur. C'est un a priori car rien ne justifie que des manifestations "programmées" mais indiscernables des choix humains ne soit pas du libre arbitre.
Je ne peux que l’admettre. Le nier est une "folie". Mais ce n’est pas ce que je voulais exprimer. Je le formule autrement. De la même manière que mon ordinateur n’est doté d’aucune volition particulière (à moins bien sur de le programmer à cet effet, et là encore, ce ne serait pas du "libre arbitre"), je m’interroge (et ce n’est qu’une interrogation, n’y voyez aucun prosélytisme caché de ma part) et recherche ce qui différencie mon ordinateur de mon cerveau… Et, à y regarder de plus près, je n’y vois qu’une différence de degré de complexité
Sauf que rien justifie de penser qu'un "ordinateur" suffisamment complexe ne puisse ressentir la même impression de "libre arbitre" que celle que vous avez. De manière inverse, il y a des gens dont le cerveau est lésé qui ne possèdent pas cette capacité.
Sinon, qu'est-ce que le libre arbitre? Traditionnellement, c'est une excuse servant à maintenir l'hypothèse de l'existence de dieu vis-à-vis des preuves de son inexistence, c'est une excuse invoquée pour "expliquer" le mal tout en prétendant que le dieu-de-bonté existe vraiment ("le mal est dû au libre arbitre de l'homme, donc dieu existe"). De nos jours, c'est vu comme une certaine liberté de choix plus où moins grande. Sauf que cette liberté de choix est contingentée par votre existence préalable (vous ne pouvez faire
mes choix), elle est ainsi pas mal plus limitée qu'on le pense et, surtout, rien n'indique que le choix n'a pas été fait avant que l'on ne devienne conscient de celui-ci.
En effet, il y a un bon nombre d'études* qui indiquent que l'on ne devient conscient d'un choix que quelques secondes après celui-ci. Ces études reposent sur certains présupposés (rationnels) et des protocoles de choix relativement simples (ce qui est nécessaires pour que des conclusions puissent être tirées), que l'on peut accepter ou contester, mais elles ont été reproduites et la conclusion est que nos actions sont "programmées" avant que nous en devenions conscients.
On peut concevoir un ordinateur pour le laisser libre de faire des choix (arbitrairement**) et capable d'observer la résultante de ces choix, ce qui le rend "témoin de son existence" d'une certaine manière. En ceci, selon des moyens encore limités, un ordinateur peut montrer une forme de "conscience". Vous l'acceptez tacitement lorsque vous dites:
"Là, vous exposez les mécanismes, très intéressants, qui permettent à cette conscience d’exister en tant que phénomène. Personne ne peut trouver à y redire."
Maintenant, comme pour suggérez qu'il existe quelque chose de plus "mystérieux", vous ajoutez des notions philosophiques autres, vous dites que la conscience est liée a la "notion de bien et de mal" ou a des "aspirations métaphysiques". Mais ces points ne définissent pas la conscience, ils résultent d'un apprentissage rendu possible par le fait que vous êtes un être conscient. Il s'agit surtout de points accessoires qui brouillent la réflexion sur le fond.
* Car, il existe de nombreuses études scientifiques sur la conscience. C'est un champ de recherche actif et productif. Les neurosciences cognitives possèdent même leurs propres journaux scientifiques.
** on peut même programmer un ordinateur pour qu'il fasse parfois de mauvais choix... Ça le rendra plus irrationnel, donc "humain"
Imaginez-vous un quelconque mécanisme se démonter lui-même et se demander quelle est sa fin dernière. Ou bien encore se demande à lui-même : "Je pense donc je suis" ?
Oui, j'imagine bien un mécanisme biologique capable de telles prouesses: le cerveau.
C’est, de facto, une observation simple. Et j’en viens tout naturellement à m’interroger sur sa "substance". Quoi de plus normal
Normal, oui. Je ne disais rien d'autre en disant: "c'est une manière (commune) d'aborder le problème par la conclusion envisagée". Vous supposez que la conscience a une "substance", que c'est une "chose", vous ne l'envisagez pas comme un phénomène.
Vous remarquerez au passage qu’en aucun cas je n’ai défini ce qu’est la conscience.
C'est même un gros problème parce que cela vous conduit à amalgamer toute sorte de notions dans votre discours (vie, notion de bien et de mal, etc.) et a ne pas repenser votre manière de présupposer que la conscience est une "chose". De plus, vous n'ancrez pas votre discours dans la réalité, il demeure "philosophico-philosophique". À mon avis, cela affaiblit votre réflexion.
C'est particulièrement évident dans votre réponse à ma question sur comment la conscience s'incarnerait: "[e]lle n’a, à mes yeux, pas à trouver le moyen de quoi que ce soit. Elle est. Point. S’évertuer à lui prêter des intentions est totalement vain". Que dois-je comprendre de cette répartie (lyrique)? Que, selon vous, le phénomène "conscience" n'a pas à être connecté le moindrement au corps? Que c'est prêter une "intention" à la conscience que de faire remarquer que votre conscience de vous-même est liée à votre corps et la mienne au mien? C'est un peu nier les faits pour privilégier le verbe.
Jean-Francois a écrit :Mais postuler que la matière ne peut générer la conscience ne conduira jamais à la moindre compréhension. Si les scientifiques avait dû postuler que la marche ou la vision sont a-matériel car ce sont des phénomènes et non des choses, on ne connaitrait rien sur la nature organique de la marche ou de la vision
Oui, si [on] se contente de ce postulat. Et d’ailleurs, j’ai envie de demander : pourquoi ?
Parce que faire autrement ne nous apprendra jamais rien. Si on se contente de suppositions et qu'on juge que la conscience est un machin inatteignable (hors de l'espace et du temps), on peut s'illusionner étudier la question mais on ne se questionnera jamais vraiment sur ce qui permet la conscience.
Ma vision n’est pas introspective en l’occurrence. Je ne veux surtout pas qu’elle le soit. Sinon je me perds dans des élucubrations personnelles
Alors je vous signale un de vos propos: "[e]t que chaque fois que ce "je" observe la vie, il entre dans une extrême perplexité". Il indique bien que vous utilisez l'introspection pour vous imaginer ce que pourrait être la conscience.
Jean-Francois a écrit :Vous pouvez fournir le détails des calculs

Allez, puisque c’est vous : 50.1%
Encore pour signaler, car je me doute bien que vous n'avez aucun moyen objectif d'estimer cette "probabilité": vous me donnez un résultat chiffré alors que je vous demandais (pour plaisanter)
comment vous arriviez à ce résultat.
C’est comme de tenter de répondre à cette question : de l’œuf et de la poule, [...]
L'oeuf, forcément, puisque les animaux dont descendent les poules pondaient des œufs. Cela dit, cela ne s'est pas fait en une génération.
Jean-François
"La religion est un poisson carnivore des abysses. Elle émet une infime lumière, et pour attirer sa proie, il lui faut beaucoup de nuit." (Hervé Le Tellier, L’anomalie)