Salut Denis,
Bon ok parlons de ces problèmes, même si j'aurais aimé parler aussi d'Alex le perroquet.
Dans ce cas, pourquoi ne pas le mettre à la poubelle, à côté du modèle terreplatiste ?
Je conteste ton "semble difficile...". Je pense que "est pratiquement impossible..." serait beaucoup plus juste.
Il n'est pas irrationnel de s'accrocher un moment à une théorie, même quand elle est en difficulté. Si on renonçait à une théorie à la première difficulté, on n'en verrait peut-être pas la fécondité et la résistance.
Quand Darwin a publié
L'origine des espèces, il avait des arguments, certes, mais il y avait aussi des objections sérieuses à la théorie de l'évolution, tirée de la compréhension qu'on avait de l'hérédité et aussi des calculs sur l'âge de la Terre. Pourtant Darwin n'a pas renoncé, il a tenu à son point, et les objections qu'il y avait alors ont fini par trouver leurs réponses au début du vingtième siècle (découverte de la génétique mendélienne et de la radioactivité).
Ce qui est irrationnel, c'est de s'accrocher obstinément à une théorie quand il n'y a plus aucun espoir de la sauver.
Au sujet de la logique floue, admets-tu qu'une petite différence dans le génotype peut avoir des effets relativement importants sur le phénotype? Par exemple si une mutation affecte un gène architecte (je ne sais plus trop comment on les appelle. Homéotique?). Il y a aussi la pléiotropie. Pourquoi ne pas supposer de telles mutations dans l'évolution de la lignée humaine?
MadLuke m'a précédé. Je suis d'accord que tous les homo sapiens ont, fondamentalement, des droits égaux. L'alternative menant à des horreurs.
Ok, mais ça se base sur quoi ça? Certaines personnes déficientes intellectuelles ne sont pas forcément plus sophistiquées que des chimpanzés, ni des personnes âgées avec l'alzheimer. Il faut bien qu'on ait une approche différente des humains et des animaux si on ne veut pas en arriver à dire que certains animaux sont plus importants que certains humains, et aussi que les droits qu'a une personne ne peuvent être perdus.
À propos de droits, je pense qu'il faut distinguer les droits inconditionnels et les droits conditionnels. Exemple de droits inconditionnels: le droit à l'éducation, à des soins de santé et à une nationalité. Exemple de droit conditionnel: si j'ai 18 ans, je peux voter et boire de l'alcool. Si je ne commets pas de crime, j'ai le droit d'être en liberté. Ce genre de choses.
Les droits inconditionnels sont constants et universels, mais les droits conditionnels sont variables.
S'ils veulent vraiment nous réduire en esclavage, je nous défendrai de mon mieux, quitte à prendre le maquis.
Bien sûr personne n'aime être réduit en esclavage, et naturellement on se battrait pour éviter cette condition, mais à supposer que la résistance soit inutile, pourrait-on élever une objection morale légitime contre notre asservissement, pourvu que les extra-terrestres soient sensibles à ce genre d'objections? Je rappelle que ces aliens sont plus «évolués» que nous, plus complexes, plus intelligents.
Non je ne suis pas pasteur, et en fait je ne suis pas chrétien à 100%. Il y a des choses dans la Bible que je trouve impossibles à avaler, par exemple que Dieu demande à Abraham le sacrifice d'Isaac. Même en faisant abstraction des détails de l'histoire, quelle est la valeur morale qui est exaltée dans ce récit? L'obéissance aveugle? Est-ce vraiment cela que l'on doit faire? Sur youtube, nonstampcollector a fait une parodie délicieuse de cet épisode biblique. Par contre, je crois que Dieu était présent en Jésus. Présent comment? En personne? Sous forme d'une inspiration particulière? Je ne sais pas. Jésus n'est pas infaillible. Les textes nous disent qu'il croyait en des absurdités, comme les démons, que Moïse a écrit le Pentateuque et aussi que Jean-Baptiste était un ancien prophète, Élie, revenu sur Terre (sans toutefois s'être réincarné). Mais moralement, il me semble dépasser ses contemporains de plusieurs têtes. On a été tellement exposés au christianisme en Occident qu'on a perdu de vue à quel point l'éthique du Nouveau Testament est révolutionnaire. Les contemporains de Jésus ne s'y trompaient pas.
En comparaison avec les autres religions, le christianisme:
1) a une conception linéaire du temps, conforme à la science et qui permet de croire au progrès et en un happy ending. La plupart des religions ont eu une conception cyclique du temps.
2) A une doctrine rationnelle de Dieu. La plupart des religions anciennes décrivaient avec des mythes complexes comment les dieux eux-mêmes étaient nés. Pour les chrétiens, Dieu est unique et a toujours existé.
3) A désacralisé l'univers. Les autres religions anciennes vénéraient les astres. La Genèse souligne que les astres ne sont que des instruments pour indiquer le temps. Ils ne sont pas divins. Ce «désenchantement du monde» a permis éventuellement l'émergence de la science.
4) A désacralisé le pouvoir. Les souverains ne sont plus des dieux, contrairement à la prétention des empereurs romains païens.
5) Contient très peu de rituels. La plupart des religions sont obsédées par des rituels arbitraires et absurdes en nombre impressionnant. Le christianisme, et notamment le protestantisme, est étonnamment sobre.
6) Affirme la valeur sacrée de la personne prise individuellement. La personne est «créée à l'image de Dieu», et le Nouveau Testament rejoint chaque individu, et non simplement des collectivités. C'est avec chacun que Dieu souhaite faire alliance, et non avec des groupes. Les chrétiens ont aussi mis fin à l'infanticide, pratique répandue dans l'Empire romain. C'est aussi pour cela qu'aujourd'hui la plupart des chrétiens s'objectent à l'avortement et à l'euthanasie. Durant la Deuxième Guerre mondiale, Pie XII condamne les pratiques eugéniques des Nazis contre les handicapés. La dignité humaine est un concept enseigné par les chrétiens. Il était aussi enseigné par les stoïciens, et les auteurs chrétiens ont pu en être influencés...
Paul, dont on dit pourtant beaucoup de mal, affirme en Galates 3, 28 l'unité des femmes et des hommes, des Juifs et des Grecs, et des esclaves et des hommes libres. La xénophobie, qui est pourtant naturelle dans notre espèce, n'est plus acceptée comme elle l'était dans l'Ancien Testament. Plusieurs chrétiens n'en ont pas tiré les conséquences qui s'imposent, et continuent à déverser leur haine sur les gays, les pro-choix, les athées, etc...
Finalement, j'aimerais dire que je ne crois pas que la révélation corresponde à une voix tombée du ciel, comme dans certains épisodes bibliques auxquels je ne crois pas littéralement. La révélation, ce sont certaines personnes dans l'histoire qui ont parlé avec autorité en raison d'une expérience privilégiée de Dieu. Personne ne peut savoir ce qui se passait «dans la tête de Jésus» ou «quel effet ça faisait d'être lui». Les chrétiens y voient un homme de Dieu, voire Dieu incarné. Les athées n'y voient qu'un obscur leader religieux parmi d'autres.