Bonjour à tous,
Carthaphilus a écrit : « Peut-être suffit-il de dire, ce qui sonne comme une évidence, que les données actuelles sont insuffisantes pour affirmer avec certitude le rôle de panacée que certains voudraient voir attribuer à la vitamine D, et que la science, qui progresse par étapes et remises en question, ne peut pas toujours donner de réponses définitives. »
Cartaphilus donne en référence un texte publié sur le site web Science-based medicine. Je voudrais commenter sur ce site web tout d’abord. Ensuite et surtout, sur leurs arguments évoqués au sujet de la vitamine D
Tout d’abord, sans vouloir utiliser une tactique souvent utilisée par les sceptiques du Québec, celle de vouloir salir la réputation d’une personne qui a un argument contraire, je voudrais tout de même aviser les lecteurs d’être prudents avec le site web Science-based medicine.
Quel est donc ce site au juste ? Si on va à cette page,
http://www.sciencebasedmedicine.org/ind ... -medicine/, on se rend compte qu’Un personnage important du site web est Paul Ingraham.
Par curiosité et par intuition, voici la première recherche que j’ai faite sur Google afin de tenter d’en savoir un peu plus sur ce Paul Ingraham. J’ai tapé sur Google les mots clés « Paul Ingraham false memory syndrome foundation », me doutant bien que je trouverais quelque chose et peut-être même que je découvrirais que ce monsieur fait partie de cette organisation douteuse. La false memory foundation est un organisme ayant pour membres plusieurs pédophiles. Je vous laisse faire vos recherches vous-mêmes, vous gens ordinaires qui ne sont pas membres des sceptiques du Québec. Je n’ai pas l’intention d’aller plus loin sur le sujet, mais de vous encourager seulement à vérifier.
Alors voilà, quel était le premier lien offert par google avec cette recherche avec les mots clés « Paul Ingraham false memory syndrome foundation » ? voici le résultat :
« Thurston county ritual abuse case - Wikipedia, the free encyclopedia
en.wikipedia.org/.../Thurston_county_ritual_abus... - Traduire cette page
The Thurston county ritual abuse case was a case in which Paul Ingram, county ... memories after the fact, and that God would not allow harmful false memories. .”
Ça ne prouve rien, surtout que Wikipedia n’est pas une source fiable à 100%, peut-être ce Paul Ingram est un autre Paul Ingram. Surtout que les noms diffèrent (Ingram et Ingraham).
Mais si c’est bien le même, voici ce qu’on apprend, sur Wikipedia, à son propos :
« The Thurston county ritual abuse case was a case in which Paul Ingram, county Republican Party Chairman of Thurston County, Washington and the Chief Civil Deputy of the Sheriff's department, was accused by his daughters of sexual abuse, by at least one daughter of satanic ritual abuse[1] and later accused by his son in 1996 of abusing him from the ages of 4 to 12.[2] He originally pled guilty but has since maintained his innocence. After pleading guilty, he attempted to withdraw his plea and requested a trial or clemency but his requests were refused. Ingram was released in 2003 after serving his sentence.[3]
Ingram confessed to a variety of extremely improbable crimes and a sizable number of Ingram's fellow Sheriff's department employees were also accused by Ingram's young daughters and their friends.”
J’ai trouvé également cette référence intéressante, un texte publié dans une revue de psychologie publié par l’American Psychological Association :
(Karen A. Olio, , William F. Cornell. The Facade of Scientific Documentation: A Case Study of Richard Ofshe's Analysis of the Paul Ingram Case Psychology, Public Policy, and Law Volume 4, Issue 4, December 1998, Pages 1182-1197
http://psycnet.apa.org/journals/law/4/4/1182.pdf)
Je me suis dit que c’était peut-être juste un simple hasard, et qu’il ne s’agit pas du même homme, mais qu’il est question de deux Paul Ingram. Possible. Alors, j’ai choisi de faire une recherche toute simple sur un autre membre important de ce site web douteux (science-based medicine). J’ai choisi Steven Novella, fondateur et éditeur exécutif du site Science-based medicine.
(
http://www.sciencebasedmedicine.org/ind ... nd-editor/)
J’ai donc tapé sur le moteur de recherche google ces mots clés « Steven Novella False memory syndrome foundation », et le premier résultat de la recherche nous amène à cette page : Mental Help: Procedures to Avoid
http://www.quackwatch.com/01QuackeryRel ... tserv.html
Même si ça ne prouve pas que Steven Novella fait partie de l’organisation plus que douteuse “false memory syndrome foundation”, il est quand même à noter que si on fait une recherche sur la plupart des gens, les chances sont très minces de trouver une page web qui contient notre nom et les mots « false memory syndrome foundation».
Également, on trouve le nom de Steven Novella sur une page web de la False Memory syndrome foundation.
http://www.fmsfonline.org/fmsf08.929.html
Il est intéressant aussi de constater que Steven Novella a écrit un texte intitulé Psychic Alleges Sexual Abuse (
http://theness.com/neurologicablog/inde ... ual-abuse/)
Autre chose d’intéressant : US Federal Agents Arrest Top "Skeptic..."
http://www.bolenreport.com/feature_arti ... rs-are.htm
En tout cas, il semble y avoir des trucs pas nets, des histoires d’agressions sexuelles sur des enfants, concernant les deux premières personnes sur lesquelles j’ai fait mes premières recherches. Ça sent mauvais. Je vous laisse faire vos propres recherches et décider quelle source d’information sur la vitamine D est la meilleure, et quels sont les meilleurs arguments.
Vous allez vous demander pourquoi j’ai fait ces recherches , pour le moins bizarres? Parce qu’il y a malheureusement une tendance, parmi les gens qui sont membres d’organisations qui se disent sceptiques, à être aussi membre de la False Memory Syndrome Foundation. Et une tendance, parmi les gens qui sont membres de la false memory syndrome foundation, à être mêlés à des histoires louches. Parmi ces personnes, certaines ont été officiellement déclarées charlatans, par exemple le défunt Dr Ralf Underwager, qui était souvent appelé à la barre lors de procès pour viols d’enfants. Lui-même était un pédophile qui a dit ouvertement sur les ondes d’une radio qu’il n’y avait rien de mal à faire l’amour avec des enfants, car les enfants méritent d’avoir de l’amour… ou quelque chose du genre.
Ceci étant dit, ça ne nous avance pas sur le sujet de la vitamine D n’est-ce pas ?
ce qui compte, ce sont les faits sur la vitamine D. Oublions les messagers du site web « science-based medicine », pour nous concentrer que sur les messages (arguments). Voici ce que je rétorque à cette phrase de Cartaphilus : « ce qui sonne comme une évidence, que les données actuelles sont insuffisantes pour affirmer avec certitude le rôle de panacée que certains voudraient voir attribuer à la vitamine D, et que la science, qui progresse par étapes et remises en question, ne peut pas toujours donner de réponses définitives ».
Sackett D et ses collaborateurs, qui sont parmi les fondateurs de la médecine fondée sur les données probantes (Evidence-based medicine), ont écrit : « Si aucune étude randomisée a été menée pour la situation difficile de nos patients, nous devons prendre une décision en utilisant rigoureusement , explicitement et judicieusement les meilleures données disponibles ». Autrement dit, nous devons prendre des décisions pragmatiques, et savoir supporter l’incertitude qui vient avec notre décision. On peut prendre les décisions et dire honnêtement que nous ne savons pas tout. Un vrai scientifique fait ça : il avoue ne pas tout savoir. Mais les décisions doivent être prises, car nous vivons dans un monde concret.
Référence : Rosenberg W et coll. Evidence-based Medecine: what it is and what it isn't. BMJ 1996 ; volume 312, numéro 7023. Disponible en ligne à :
http://www.bmj.com/content/312/7023/71.full
Également, je cite ma traduction en français d’un extrait de texte de Robert Heaney , expert de la vitamine D, et son collaborateur, qui explique bien la logique sur laquelle nous devrions nous baser sur l’analyse des nutriments:
« Les essais randomisés bien menés et bien conçus peuvent apporter un haut niveau de certitude pour l’intervention spécifique qui peut produire un effet spécifique. En tant que société, nous avons détermine qu’un haut niveau de certitude était requis pour évaluer l’efficacité thérapeutique des médicaments. Ces standards élevés sont justifiés par les coûts normalement élevés des médicaments, par le risque des décisions thérapeutiques basées sur une preuve inadéquate et par le besoin de balancer les bénéfices avec les risques qui accompagne la pharmacothérapie.
Ces inquiétudes sont substantiellement moins lourdes pour les nutriments. En terme de magnitude, les nutriments sont beaucoup moins dispendieux que les médicaments et ils offrent une marge de manœuvre beaucoup plus élargie entre l’efficacité et la toxicité. Est-ce que le niveau de certitude requis pour faire des recommandations d’apport en nutriments pour prévenir les maladies est le même que celui concernant les médicaments utilisés pour traiter les maladies?
Ne pas agir en l’absence de preuve qui fournit une certitude aussi grande que les médicaments augmentent le risque de renoncer à des avantages qui pourraient avoir été obtenus avec peu de risque et à faible coût. Non pas qu’il est suggéré ici que les standards de ce qui constitue une preuve devraient être moins élevés pour les nutriments, mais plutôt que les décisions concernant les nutriments devraient être à des niveaux de certitude se trouvant en deçà de ceux requis pour les médicaments. Un ratio de bénéfice/risque pourrait permettre une action à un niveau plus bas de certitude, et vie versa. »
(Reference : Jeffrey Blumberg, Robert P Heaney. Evidence-based criteria in the nutritional context. NUTRITION REVIEWS. 2010
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1 ... 307.x/full)
Je cite encore Heaney :
« Nous soulevons qu’un critère largement accepté en science pour l’acceptation des données observationnelles est la plausibilité biologique. Nous considérons comme étant hautement invraisemblable qu’un niveau sérique de vitamine D qui ait prévalu durant l’évolution de l’humanité pourrait constituer plus de risques que de bénéfices pour la population concernée. Si cela avait été le cas, on aurait pu s’attendre à ce que la sélection naturelle ait éliminé ceux qui sont enclins à de tels risques. »
J’ajouterais aux mots de Heaney que le fait que des récepteurs de vitamine D se retrouvent dans presque toutes les cellules humaines rend improbable que cette dernière ne sert qu’à la santé des os (ce qu’affirme l’IOM).
(Robert Heaney et Michael Holick. Why the IOM recommendations for vitamin D are deficient, Journal of Bone and Mineral Research , mars 2011.
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.10 02/jbmr.328/full)
Imaginons un exemple :
Est-ce qu’une mère attendrait d’avoir la preuve absolue que le sperme de son chum est allé dans le vagin de sa fille avant de prendre la décision de mettre sa fille à l’abri du danger, si toutes les preuves tendent vers la direction que son chum a violé sa fille ?
(exemples:
il a déjà fait de la prison pour pédophilie
il a été surpris en érection alors que la petite était sur ses genoux
la petite a eu un examen médical et le médecin a découvert qu’elle souffrait d’une maladie vénérienne et qu’elle n’était pas vierge
le chum de la mère a la même maladie vénérienne que la petite,
etc.)
Je vous l'accorde, il n'y a pas de preuve absolue qu'il a violé la fillette, mais est-ce là un motif suffisant pour ne rien faire ?
Et bien, l’IOM fait ça avec la vitamine D, elle fait comme la mère qui attend d’avoir le résultat du labo sur le sperme qu’il y a dans le vagin de sa petite fille pour prendre une décision basée sur le ratio bénifice/risque et sortir sa fille d’un milieu à fort risque d’abus, sous le seul prétexte qu'il n'y a pas de preuve solide.
L’ensemble de la littérature scientifique pointe dans une direction précise (vitamine D nécessaire au bon fonctionnement global du corps et non seulement pour la santé osseuse), mais il manque de preuve de lien de causalité entre la vitamine D et plusieurs maladies. Pendant ce temps-là, tout semble concorder à l’effet qu’un pourcentage inquiétant de la population nord-américaine se trouve avec une carence en vitamine D, sans compter que la majorité des gens se retrouvent avec un sérum sanguin de vitamine D sous optimal.