ABC a écrit : 04 mars 2026, 13:23 Comment donner un sens physique à la notion d'existence d'un objet ou d'un phénomène sans interaction de cet objet ou phénomène avec un observateur, cad laissant des traces accessibles à cet observateur ?
Akine a écrit : 04 mars 2026, 16:02Je dirais : de la même façon que l'on donne un sens physique à l'existence d'un objet ou d'un phénomène qui n'est pas
actuellement observé (ou qui ne laisse pas de traces détectables/interprétables, ce qui revient au même).
Ce n'est pas possible. On ne peut rien déduire sans les informations dont nous disposons extraites des traces du passé.
Akine a écrit : 04 mars 2026, 16:02Q1 -
Comment décider, en pratique, de conclure qu'un objet ou un phénomène existe ou pas ?
A partir d'observations reproductibles qui en attestent.
Akine a écrit : 04 mars 2026, 16:02Q2 -
Comment définir la notion même d'existence d'un objet ou d'un phénomène ?
Comme la possibilité d'observations reproductibles de cet objet ou phénomène (via les traces qu'ont laissées ses effets ou ses causes).
Akine a écrit : 04 mars 2026, 16:02Hypothèse R2 - Par la notion d'observateur : n'existe que ce qui est
observable, donc qui
peut entrer en interaction avec un observateur (macroscopique) ; réciproquement, tout ce qui
peut entrer en interaction
(interprétable par l'observation, donc laissant une trace d'enregistrement irréversible à travers un état macroscopique d'équilibre) avec un tel observateur
existe.
Pour ma part, je préfère poser R2 comme une définition de la notion d'existence plutôt que comme une hypothèse.
Akine a écrit : 04 mars 2026, 16:02le mouvement de X n'est pas "objectif" vu qu'il dépend du référentiel (r1) / de l'observation (r2).
Et encore plus choquant (puisque tu évoques la relativité) la longueur d'un objet, la durée d'un phénomène et la simultanéité ne sont pas objectifs (en violation des préjugés scientifiques de la fin du 19ème siècle).
Akine a écrit : 04 mars 2026, 16:02Penses-tu qu'il s'agisse d'un parallèle pertinent pour expliquer pédagogiquement la "relativité" de l'existence des photons dans l'effet Unruh ?
Non.
Akine a écrit : 04 mars 2026, 16:02si oui, alors le concept d'"objectif" tel que tu l'utilises est pour moi équivalent au mot "absolu" (par opposition à "relatif")
Ca me semble très proche. Toutefois, très peu de physiciens croient en une simultanéité absolue (cachée) alors que de nombreux physiciens croient en l'existence de lois physiques fondamentales/objectives/absolues
(2), des lois dont nos théories physiques s'approcheraient de plus en plus, donc des lois intrinsèques, indépendantes de toute considération d'observateur et de traces du passé dont elles sont tirées.
Akine a écrit : 04 mars 2026, 16:02j'emploie en fait "objectif" dans un sens un peu différent, par opposition à "subjectif", i.e. "dépendant d'une impression personnelle".
Ce n'était pas cette notion là que j'évoquais. La raison pour laquelle je me suis intéressé à la notion d'objectivité appliquée aux seules considérations de lois et propriétés physiques est la suivante.
Au départ, je croyais que notre univers obéissait à des lois physiques fondamentales/objectives. Par exemple, j'interprétais l'impossibilité de machines thermiques monothermes (principe de Kelvin) comme une impossibilité physique absolue, de principe, et non comme une impossibilité "technologique"
(1).
Je croyais aussi que le principe de causalité était un principe fondamental/objectif (donc inviolable). Du coup, je ne comprenais pas comment des effets ne respectant pas ce principe pouvaient se produire. J'ai donc passé beaucoup de temps à essayer de comprendre d'où provenait la flèche du temps, une flèche violant la symétrie CPT (pourtant censée être une symétrie fondamentale) et sa conséquence : l'unitarité des évolutions et donc la préservation de l'information, la réversibilité et le déterminisme (que même la
radiation de Hawking des trous noirs respecte aux dernières nouvelles).
En cherchant la réponse à cette question j'ai constaté que le caractère d'illusion attribué par plusieurs physiciens à l'écoulement irréversible du temps (et à toutes les asymétries temporelles) découlait de la croyance en l'hypothèse selon laquelle notre univers possèderait des lois et propriétés objectives, au sens indépendantes de la grille de lecture des observateurs macroscopiques (les êtres vivants). Dans cette interprétation physique, les phénomènes non objectifs (pour la flèche du temps ça se voit plus facilement) sont alors qualifiés d'illusions.
Ce point m'a permis de comprendre mon erreur (la même que la leur) : l'hypothèse selon laquelle notre univers serait régi par des propriétés et des lois physiques objectives
(2), notamment une évolution respectant une symétrie CPT objective, donc objectivement déterministe, réversible et préservant l'information. Cette hypothèse d'objectivité des lois de l'univers (érronée selon moi) conduit à attribuer à l'écoulement irréversible du temps un caractère d'illusion au prétexte de sa non objectivité...
...alors que cette non objectivité est le lot, non pas seulement la flèche du temps, mais toutes les lois et propriétés physiques que nous attribuons à (nos interactions avec) l'univers.
(1) Un moteur brownien, violant l'impossibilité de fournir du travail lors d'un cycle monotherme, est il impossible selon un principe physique inviolable (postulat de Kelvin) ou impossible, en pratique, pour des raisons (nano)technologiques ?
moteur_brownien_cycle_monotherme.pdf
.
(2) Weak-Measurement Elements of Reality, 1996, Vaidman
If, without in any way disturbing the system, we can predict with certainty (i.e. with probability equal to unity) the value of a physical quantity, then there exists an element of physical reality corresponding to this physical
quantity.
Cette interprétation réaliste de l'état quantique (dans le formalisme quantique time-symmetric à 2 vecteurs d'état) et du principe de causalité conduit à interpréter la corrélation time-symmetric entre mesures faibles et mesures fortes antérieures et postérieures à ces mesures faibles comme :
- causale dans le sens mesures fortes antérieures mesures faibles intermédiaires
- rétrocausale dans le sens mesures fortes postérieures mesure faibles intermédiaires.
Bref, l'attribution d'un caractère objectif aux relations de causalité, cad l'attribution aux relations de causalité d'un caractère indépendant des connaissances détenues par un observateur (cad indépendant de l'asymétrie temporelle de l'information détenue par un observateur) induit une interprétation rétrocausale (que je ne partage pas) des effets time-symmetric comme, par exemple, les corrélations mesures faibles/mesures fortes dans le sens futur-présent.
Vous ne pouvez pas consulter les pièces jointes insérées à ce message.