LoutredeMer a écrit : 19 juil. 2026, 00:06
PhD Smith a écrit : 16 juil. 2026, 23:17La réponse est oui : les diplômés du parti démocrate se sont tournés vers les luttes wokes au dépend de la base ouvrière votant pour le parti, d'où un ressentiment anti-élite universitaire. Donc une base ouvrière a voté Trump parce celui-ci est opportuniste.
Non. Aux dépens de la base ouvrière? En quoi? Mai 68 a débuté avec les mouvements étudiants et a gagné tout le monde ouvrier....
Si. A l'époque où je pouvais accéder aux "late shows", l'humoriste démocrate Bill Maher se plaignait déjà de la confusion des genres au dépend de la base électorale du parti démocrate. Le wokisme minait déjà le parti en se trompant de cible : qui étaient ces diplômés blancs et bourgeois (aux States, le coût des études est exorbitant et le prêt étudiant plombe une carrière professionnelle) qui donnaient des leçons de morale à des ouvriers blancs exploités par les GAFAM (un ouvrier blanc travaillant chez Amazon, à prestations sociales égales, serait mieux traité qu'un collège latino, queer, sous prétexte d'un "privilège blanc" ?) Bill Maher est un démocrate "classique" de la vieille école.
Exemple d'un article payant du "Monde" :
https://www.lemonde.fr/idees/article/20 ... M_dJYfXeB8
Le risque : en cas de wokisme généralisé du parti démocrate, la frange démocrate traditionnelle irait chez les républicains. Et Trump gagnerait de nouveaux électeurs. Autre risque plus intéressant : des démocrates réintroduirait de l'état de droit dans le parti républicain, ce qui renforcerait une aile "gauche" proche du "communisme"
Extrait d'une chronique de Yascha Monk (publiée dans le "Point" en 2024) :
https://www.lepoint.fr/debats/etats-uni ... 6845_2.php
Le Point a écrit :Tant de raisons expliquent la défaite des démocrates. Ils ont pâti de l'impopularité d'un président sortant, ont été sanctionnés pour l'inflation élevée de ces dernières années et ont placé une candidate terne qui n'est jamais parvenue à exposer un programme clair.
Mais la raison la plus fondamentale pour laquelle tant de groupes d'électeurs supposés maintenir à flot la bonne fortune du camp des bleus ont viré au rouge – et aussi la raison la plus susceptible de mettre en péril les chances des démocrates lors des prochaines échéances électorales, lorsqu'ils ne seront plus embarrassés du fardeau d'un candidat sortant –, c'est qu'ils renvoient l'image d'un groupe évoluant à mille lieues des courants culturels majoritaires.
Effet repoussoir radical
Les démocrates parlent désormais avec les inflexions et le vocabulaire élitiste de la méritocratie de la côte Est, celle qui est passée par la case université. Cela a un effet repoussoir radical sur un groupe multiracial composé de tous les Américains qui n'ont pas leur place dans cette haute société – plus tous ceux qui s'agacent de l'autosurveillance et de l'autocensure constantes requises si l'on veut ne pas en être exclu.
S'ils veulent faire cesser les dégâts causés par une image de marque de plus en plus toxique, les démocrates doivent changer leur façon de parler et le contenu de leur discours. Cela implique de se débarrasser de certains des éléments de la réflexion identitaire les plus impopulaires, connus sous le qualificatif de « woke », adoptés par la gauche ces dix dernières années – la mise en avant de la DEI (diversité, équité et inclusion), du vocabulaire des Bipoc (noirs, indigènes et personnes de couleur) et des Latinx.
Mais cela ne s'arrête pas là. Il faut que les démocrates convainquent les Américains qu'ils sont prêts à dire la vérité, quand bien même cette vérité choquerait-elle les groupes militants qui constituent une forte proportion de leur base, mais aussi qu'ils compatissent avec les citoyens ordinaires qui en ont ras le bol de la criminalité et du chaos plutôt qu'avec les petits délinquants qui troublent l'ordre public, et enfin qu'ils aient trouvé le moyen de défendre l'inclusion sans que ce soit au détriment du bon sens.
Abandonner les positions les plus impopulaires
La gauche américaine sera-t-elle capable de se transformer si profondément ? Il est tentant de croire que la gauche est enfin en train de se détourner du wokisme. En septembre dernier par exemple, The Economista signalé un modeste déclin de la fréquence d'apparition de termes comme « intersectionnalité » et « microagression » dans les médias généralistes ou les articles universitaires. Le magazine en a dûment conclu que nous avions dépassé le cap du « pic woke ».
Aujourd'hui, le désaveu public de certaines positions identitaires, que les démocrates paraissaient avoir irrévocablement épousées jusqu'à il y a deux semaines, semble valider cette prédiction.