La vraie réalité, c'est quand tu te lèves la nuit pour aller à la toilette, et que tu crisses un coup de pied dans une patte de lit. C'est pourtant simple. Je ne postule rien sur la signification sociale des objets, qu'il s'agisse d'objets physiques ou bien de "faits" sociaux (malgré que les faits sociaux sont ma spécialité académique). Malgré tout, s'il y a une chaise au milieu de la pièce, il n'y a rien dans la "foi", les "feelings", les "vibrations" ou dans la manière dont tu "ressens les choses" qui va t'empêcher de tomber sur le cul si tu n'en fais pas le tour. Je crois qu'on est d'accord sur la base, mais tu persistes, peut-être par peur d'"ethnocentrisme", je ne sais pas, à te convaincre, comme un enfant d'école, qu'en jouant à cache-cache on devient invisible si on se ferme les yeux. Il n'y a pas de jugement de valeur automatique dans le constat que certaines rationalités sont plus efficaces quant à leur explication, prédiction et utilisation d'objets physiques. Je ne propose pas qu'on fasse une hiérarchie des cultures, avec la science occidentale à l'apex. La cutlure, ce n'est pas simplement une explication causale des choses, c'est un mode de vie, une forme d'organization de relations de pouvoir dans un groupe donné. Ça, ce n'est pas scientifique, et il n'y a pas de raison que ça le devienne (personellement, je trouve que ça devrait être foncièrement démocratique, mais je constate aussi que plusieurs ne sont pas d'accord -- mais vois-tu, c'est là un débat différent). Cela dit, une culture "christian science" ne découvrirait JAMAIS le vaccin contre la polio. Pourquoi? Tout simplement parce que personne ne le chercherait. Est-ce que les gens seraient automatiquement moins heureux? Ça depend de combien déformé par la polio celui à qui tu t'adresse serait, je suppose. Malgré tout, la discussion sur le bonheur ne mène nulle part. C'est une question purement éthique. Et l'éthique, les virus eux ils s'en foutent, non, mais, carrément.