Igor a écrit : 11 mars 2026, 14:24
Vous avez surement mal compris mais peu importe, les capacités de nuisance de l'Iran sous ce régime suffisent à donner raison à ceux qui ont déclenché cette intervention visant à mettre fin à ces capacités.
J'ai peut être mal compris, mais ça fait quand même deux liens d'officiels US que je cite qui ne parlent pas du nucléaire dans les objectifs de cette guerre.
mais peut-être disent-ils n'importe quoi aussi.
Igor a écrit : 11 mars 2026, 14:32
Le régime doit absolument tomber et ça passe par l'envoi de troupes au sol après avoir rallié la population comme je l'ai expliqué avec cette manoeuvre. Vous verrez bien!
Il y a bien peu de chances que le régime tombe :
Lisez
cet article (chapitre 3) qui explique le fonctionnement de crise mis préparé depuis 20 ans par ce régime, en prévision justement d'une attaque des US avec une puissance phénoménale. Les ordres ont été donnés préventivement aux 31 régions (aux gardiens de la révolution surtout), leur donnant toute latitude pour se défendre. Seul le guide suprême peut modifier ces ordres. S'il n'y a plus de guide suprême, le régime survit de façon décentralisée. Impossible à faire tomber sauf prise de contrôle du pays. Et avec un système décentralisé, impossible de négocier quoique ce soit, en particulier l'ouverture du détroit. Et ce n'est vraisemblablement pas le nouveau Khamenei qui va céder.
Mais j'espère me tromper.
Les troupes au sol, par des troupes US ? Cela serait un bourbier majeur, beaucoup de pertes pour peu de gains, malgré tous les bombardements US (ils envoient déjà les B52, B1, B2 et ça ne suffit pas pour faire tomber le régime). L'exemple afghan montre que les US (avec plein d'alliés) ont mis 20 ans à remplacer les talibans par les talibans. Pas optimiste pour un changement de régime en Iran
(quoique les US ont fait de gros progrès, ils n'ont mis que 10 jours pour remplacer Khamenei par Khamenei
).
Par des insurgés ? Les kurdes semblent laisser tomber l'affaire, les kurdes irakiens ont prévenus leur compatriotes que c'était dangereux et que
les US avaient l'habitude de les laisser tomber. De plus, il y aura vraisemblablement opposition entre les kurdes d'Iran et les turques d'Iran soutenus par la Turquie.
Les groupes d'opposition à l'étranger (Pahlavi, MEk...) sont actifs... à l'étranger. Mais ils sont peu représenté en Iran et sont absent depuis bien trop longtemps pour pouvoir espérer constituer une force de rébellion notable.
La population dans son ensemble? Les gardiens de la révolutions gardent l'essentiel de leur capacité de contrôle et n'hésiterons pas à réprimer très durement toute velléité de révolte. Et si les bombardements continuent, ça va provoquer le réflexe de défendre son pays, pas de s'allier avec l'agresseur. La majorité de la population est contre le régime en place mais il est bien moins évident qu'elle souhaite s'allier avec un agresseur nationaliste chrétien et encore moins avec des juif extrémistes qui annoncent depuis bien longtemps vouloir détruire leur pays.
De plus, les faux-pas répétés de Trump ne vont pas aider. Il avait incité les gens à descendre dans la rue en janvier et n'a rien fait pour arrêter les massacres. Là, il vient de dire qu'il ne comptait pas aider le peuple iranien
parce qu'il s'était montré menaçant
Traduction du chapitre (Kagi translate) :
Les frappes de décapitation du 28 février ont été une réussite sur le plan cinétique, mais ont engendré un paradoxe stratégique. Lorsque Ali Khamenei a été tué lors de la salve initiale de l'opération « Epic Fury », le CGRI a immédiatement activé sa doctrine de « Défense mosaïque décentralisée », un cadre élaboré sur deux décennies par l'ancien commandant Mohammad Ali Jafari précisément pour survivre à ce scénario. Cette doctrine a divisé le CGRI en 31 commandements provinciaux autonomes — un pour chacune des 30 provinces iraniennes plus Téhéran — chacun disposant d'une autorité de tir indépendante, d'une infrastructure locale de commandement et de contrôle, d'une intégration avec les éléments paramilitaires du Bassidj, et d'une autorité pré-déléguée pour lancer des missiles, des drones ou mener des harcèlements navals sans nécessiter l'autorisation de la capitale. Les commandants provinciaux n'ont pas besoin de communication en temps réel avec Téhéran. Ils exécutent des protocoles de représailles préprogrammés conçus pour fonctionner en l'absence de direction centrale. Le ministre des Affaires étrangères Araghchi a déclaré que cette doctrine « nous permet de décider quand, et comment, la guerre se terminera ».
Négocier un passage sûr avec « l'Iran » nécessite désormais l'accord simultané de multiples contreparties dont les intérêts divergent selon l'exposition portuaire et la dépendance aux revenus. Les marchés de l'assurance exigent un garant souverain unique. La Mosaïque offre exactement le contraire.
La Chine tente actuellement de garantir un passage sûr bilatéral pour ses navires, en s'appuyant sur le fait qu'elle achète environ 90 % des exportations de pétrole iranien. Au moins deux navires ont réussi à transiter en diffusant « PROPRIÉTAIRE CHINOIS » sur leurs transpondeurs du Système d'identification automatique (AIS). Mais un haut responsable du transport maritime, cité par Lloyd’s List, a résumé l'impasse structurelle : « Le gouvernement iranien et le CGRI opèrent sous deux structures de commandement distinctes, et il reste difficile de savoir si le gouvernement chinois a un accès direct à cette dernière ». Même au sein du CGRI, la doctrine de la Mosaïque signifie qu'une garantie de passage sûr négociée avec le commandement central ne peut pas engager de manière fiable 31 commandants provinciaux décentralisés qui contrôlent le littoral, les lanceurs de drones et les batteries de missiles antinavires. COSCO, le plus grand conglomérat maritime chinois, a suspendu toutes les réservations dans le Golfe le 4 mars. Lloyd’s List a qualifié le transit de l'Iron Maiden de « cas isolé » sans « aucune autorisation officielle de Pékin ou des autorités iraniennes ».
La campagne a détruit la tête de l'État iranien. Ce faisant, elle a brisé le seul appareil capable de délivrer une garantie centralisée de passage sûr. Plus l'État centralisé est démantelé complètement, plus il devient difficile de rouvrir ce point de passage commercial stratégique. C'est le paradoxe de la contrepartie qu'aucun cadre géopolitique actuel ne parvient à saisir.
Igor a écrit : 11 mars 2026, 14:32
Il serait surprenant que les États-Unis laissent le régime iranien prendre indéfiniment en otage l'économie mondiale en tout cas
Qu'ont-ils comme moyen ? Comment vont-ils faire ?
Défaire l'Iran : cf ci-dessus, trop complexe et trop cher, trop hasardeux.
Débloquer le détroit d'Ormuz et empêcher l'attaque de tankers (3 aujourd'hui) : difficile, complexe, risqué, l'US Navy vient de signaler de plus qu'il ne sera pas possible d'escorter les navires de commerce.
Ils peuvent bombarder indéfiniment l'Iran, il sera extrêmement difficile de supprimer les risques.
Par impréparation, incompétence, incompréhension de l'Iran et parce que l'objectif premier est le seul égo de Trump (et celui de Bibi), les USA se retrouvent dans une situation impossible qu'ils ont créé de toute pièce.
Comme ils insultent à peu près tous leurs alliés (Europe, Pays du Golfe et
ils énervent même la Corée du Sud), ils se retrouvent à peu près seuls avec Netanyahou.
La guerre la plus stupide depuis bien longtemps.
Igor a écrit : 11 mars 2026, 18:44
Ceci dit, les choix protectionnistes de Trump ne sont pas illégaux même si la Cour suprême ne lui a pas donné raison,
Par définition, si la cours suprême ne lui a pas donné raison, c'est que c'est illégal.
Igor a écrit : 11 mars 2026, 18:44
le régime n'a pas le droit de le bloquer, ni de tirer des missiles pis des drones contre des pays qui n'ont rien fait de mal juste pour causer du trouble et mettre les États-Unis dans l'embarras.
Mais les USA ont le droit de bombarder l'Iran ?
Les USA n'avaient pas le droit d'attaquer lourdement l'Iran qui ne représentait aucun risque immédiat.
Le droit international ? Les Poutine, Trump, Bibi et Khamenei, il s'en torchent le cul et l'annoncent haut et fort.
C'est bien pour cela que cette guerre est très malsaine.