Par contre si nous parlons d'ésotérisme, c'est tout autre chose. Nous avons affaire à une tradition - ou à un mélange de traditions - à la symbolique très complexe et orientée uniquement vers le spirituel, non vers l'explication du monde matériel.
Et il faut tenir compte du fait que cette tradition ne se préoccupe pas des preuves, car l'approche spiritualiste considère l'intuition comme la meilleure méthode pour accéder à un progrés dans la connaissance, en précisant que ce n'est que la connaissance de nous même et de notre esprit. C'est la base de la gnose.
Il me semble que dans ce cas nous ne pouvons rien dire contre cette méthode. Et que le texte que citait Axle entrait plutôt dans cette catégorie.
Maintenant le problème, c'est s'il se livre à une lecture au premier degré de ce texte, et qu'il en tire des conclusions sur le fonctionnement réel de l'atome contradictoires avec des théories scientifiques qui, elles, ont été vérifiées par l'observation et l'expérience - mais je ne pense pas qu'il soit assez stupide pour soutenir cette approche.
Un autre problème qui peut se poser, c'est quand un ésotériste veut appliquer ses normes et ses méthodes d'acquisition de la connaissance au monde matériel, comme cela semble être trop souvent le cas pour ce qui concerne l'histoire (Atlantide, etc.), la parapsychologie, l'évolution, l'astrologie, et autres domaines. Dans ce cas nous pouvons lui démontrer que son approche de la connaissance n'est valable que dans le champ de l'ésotérisme, et que la science a prouvé depuis longtemps que la seule approche productive concernant le monde matériel était celle qui passait par les méthodes que nous employons. Nous le pouvons, mais quel peut-être notre intérêt à le faire ? quel peut-être notre droit à le faire ? Pouvons nous imposer une vérité sous prétexte que c'est la vérité, juste parce que la manière de penser de notre interlocuteur nous choque ou nous dérange, alors qu'il est peut-être beaucoup plus heureux avec son erreur ? Nous pouvons le faire (et moi-même je ne m'en prive pas) mais il faut alors reconnaître que nous commettons un acte insensé, qui n'a probablement aucune raison d'être, qui sera peut-être néfaste à notre interlocuteur, et cela uniquement pour satisfaire notre orgueil et notre besoin de voir l'autre adopter notre mode de pensée et reconnaître ainsi notre supériorité : bref à condition d'admettre que notre démarche est très destructrice et n'est basée que sur une forme d'intolérance doublée de vanité - et certainement pas sur un soi-disant altruisme qui nous pousserait à porter la Connaissance aux crédules pour leur bien, et qui forme seulement un prétexte que nous nous donnons pour justifier l'injustifiable en nous donnant le beau rôle.
Gaël.
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