Bon, je dois dire, pour commencer, combien il fait changement d'avoir à répondre à quelqu'un qui peut soutenir une conversation... rationnelle. Cela dit, et tenant tout à fait compte des philosophes postmodernes, je crois qu'il y a possibilité de sortir de cette impasse. Et ne faites pas d'erreur, il s'agit bien d'une impasse où vous nous avez mené. Premièrement, il faut noter que quand un sceptique dit "rationnel", il ne se limite généralement pas à la rationalité formelle aristotélicienne. Le sceptique essaie de se démener contre l'abus et la paresse intellectuelle. Dans ce contexte, "rationnel" implique un processus de recherche et de questionnement. Le sceptique (moi, en tout cas) est tout à fait au courant des problèmes épistémologiques liés à l'induction ou à la production de déductive-nomologique de connaissance scientifique, ou même au falsificationnisme de Popper. Malgré tout, il semble bien qu'un préjugé naturel/causal soit le mieux adapté à la découverte et à la vérification scientifique, tout simplement. Et Foucault serait parfaitement d'accord (il faut lire "L'histoire de la sexualité"). Il est inutile d'en appeller au fait que la "vérité" est une production sociale; il est très clair que les nouvel-âgeux, par example, misent gros sur le fait que le conventionnel est plus puissant que le contre-intuitif. Jusqu'à Goebbels qui disait qu'en répétant un mensonge assez souvent, il devenait vrai. Bon. Il est aussi vrai que depuis Nietzche, on sait que "vérité et mensonge, au sens extra-moral" sont substantiellement semblables. Néanmoins, il y a une différence majeure entre ce qui est significatif socio-culturellement et ce qui est significatif au niveau des sciences naturelles. D'ailleurs, tout le monde sait faire la différence entre la loi de la gravité (même si on se l'explique généralement mal) et coutumes et traditions. Tout le monde sait faire la différence entre une preuve et une croyance, surtout dans un monde multiculturel: la "preuve" est la seule qui s'applique pour tous. Ce sur quoi on semble toujours débattre, c'est si la preuve est plus valable que la croyance. Le sceptique dit OUI!